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Quand la justice restaurative inspire la médiation institutionnelle

Les 11 et 12 mai 2026, Barcelone a accueilli un séminaire international consacré aux liens entre justice restaurative et les commissions vérité-réconciliation d’une part et la médiation institutionnelle et l’action des magistrats du ministère public, d’autre part. Organisée conjointement par l'Association des Ombudsmans et Médiateurs de la Francophonie (AOMF) et l'Association Internationale des Procureurs et Poursuivants Francophones (AIPPF), la rencontre était co-organisée par la Síndica de Greuges de Catalunya (Espagne).

Président de l'AOMF, Nicolas Lagasse, Médiateur de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a ouvert les travaux aux côtés d'Esther Gimenez-Salinas i Colomer, Síndica de Greuges de Catalunya, et de Gilles Charbonnier, président de l'AIPPF.


©daviddannevoye

Barcelone, carrefour des réflexions francophones

Pendant deux jours, médiateurs, magistrats, universitaires et experts issus de nombreux pays francophones ont échangé autour d'une question centrale : comment les principes de la justice restaurative ou des commissions vérité-réconciliation peuvent-ils enrichir les pratiques des médiateurs et des procureurs ? Et dans quelle mesure peuvent-ils contribuer à renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions ?

À travers conférences, tables rondes et ateliers participatifs, les participants ont exploré les évolutions que connaissent aujourd'hui les mécanismes de règlement des conflits et les attentes croissantes des citoyens en matière d'écoute, de reconnaissance et de justice.

Reconnaître, réparer, restaurer

Au cœur des débats figurait la justice restaurative, une approche qui place les personnes concernées au centre du processus. Au-delà de la seule application des règles ou de la recherche d'une solution juridique, elle vise à reconnaître les préjudices subis, à favoriser le dialogue et à restaurer les liens qui ont été fragilisés.

Cette réflexion fait écho à la mission même des médiateurs institutionnels, qui œuvrent chaque jour à rétablir le dialogue entre les citoyens et les administrations, dans le respect des droits fondamentaux et des principes de bonne gouvernance.

« La médiation institutionnelle a pour vocation de rapprocher les citoyens des institutions et de restaurer le dialogue lorsque celui-ci est rompu. Les échanges de Barcelone ont montré combien les principes de la justice restaurative peuvent nourrir cette mission et contribuer à renforcer la confiance dans l'action publique », souligne Nicolas Lagasse, président de l'AOMF et Médiateur de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Des expériences inspirantes venues de toute la Francophonie

Le séminaire a également permis de mettre en lumière des initiatives développées dans différents pays francophones. Les échanges ont notamment porté sur les expériences des commissions vérité-réconciliation ainsi que sur diverses pratiques de justice restaurative mises en œuvre dans des contextes nationaux très variés.

Ces témoignages ont illustré la diversité des approches permettant de favoriser la reconnaissance mutuelle, la participation des personnes concernées et la reconstruction du lien social, quelles que soient les réalités institutionnelles ou culturelles.

Renforcer le lien entre citoyens et institutions

Au fil des discussions, un constat s'est dégagé : si la justice restaurative, la médiation institutionnelle et l'action des magistrats poursuivent des objectifs distincts, elles partagent des valeurs communes fondées sur l'écoute, le dialogue et la recherche de solutions durables.

Les travaux ont ainsi mis en évidence l'intérêt de poursuivre les échanges entre ces différentes disciplines afin d'enrichir les pratiques professionnelles et de mieux répondre aux attentes des citoyens.

La Déclaration de Barcelone : une ambition partagée

À l'issue du séminaire, les participants ont adopté la Déclaration de Barcelone. Celle-ci souligne les complémentarités entre justice restaurative et médiation institutionnelle et appelle les États, les institutions et les acteurs de la Francophonie à soutenir le développement de ces approches au service de la démocratie, des droits fondamentaux et de l'État de droit.

Par son engagement au sein de l'AOMF, le Médiateur de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles entend contribuer activement à cette réflexion internationale sur l'avenir de la médiation institutionnelle et sur les moyens de renforcer durablement la confiance des citoyens envers les institutions publiques.